« Non » à la vente des médicaments sur le net



Les pharmaciens disent « NON » !

Début avril, Roselyne Bachelot évoquait la possibilité d’une autorisation pour la vente de médicaments sur Internet. Si Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, salue le débat lancé par la ministre de la Santé, elle s’oppose à ce type de commercialisation des médicaments.

Une opposition qui rejoint celle déjà formulée par l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’officine. Le déjà donc, se complique. Car si la vente par correspondance de médicaments demeure interdite en France, différents sites Internet en proposent. Certains sont tenus par de vrais pharmaciens… que l’Ordre se charge de conduire en chambre de discipline, où ils risquent de se voir infliger une interdiction d’exercice plus ou moins longue. D’autres sites – tant en France qu’à l’étranger – opèrent sans professionnel de santé. Et paradoxalement, ils échappent (pratiquement) à toute poursuite.

Pour Isabelle Adenot, « avant même de parler de vente de médicaments sur Internet, il faudrait réglementer les sites existants. Ceux-ci devraient forcément être associés à une pharmacie ’de brique et de mortier’. Un portail devrait tous les référencer, pour permettre à l’internaute de s’y retrouver. Tout pharmacien souhaitant créer son site devrait en faire la déclaration obligatoire à l’Ordre, et le référencement payant serait interdit. » Roselyne Bachelot-Narquin parle de la possible vente de médicaments dits d’automédication.. Isabelle Adenot s’y oppose également cependant, rappelant le rôle de conseil du pharmacien, ainsi que le risque majoré de contrefaçon.

La présence d’aucun médicament contrefait n’a été notifiée dans le circuit officiel en France. Sans doute parce que le réseau pharmaceutique est très surveillé. Certains pays parmi nos voisins, sont néanmoins confrontés à ce problème. Diverses contrefaçons (traitements contre l’asthme, la dysfonction érectile, l’hypercholestérolémie…) ont ainsi été découvertes dans des pharmacies au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en République tchèque. En France, Internet constitue le principal vecteur de contrefaçons médicamenteuses.

Source : Conférence de presse d’Isabelle Adenot, 26 mai 2010.

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