Journée des donneurs de sang, mais aussi de plasma et de plaquettes



Les donneurs de sang, mis à l’honneur mardi, fournissent certes des globules rouges mais aussi du plasma et des plaquettes, deux produits sanguins moins connus mais tout aussi essentiels: ils sont utilisés notamment pour les malades du cancer ou du SIDA, les polytraumatisés, les grands brûlés ou encore les hémophiles. Récemment, le plasma a servi de traitement de base en Allemagne contre la bactérie ECEH.

Le grand public connaît bien le don du sang classique, dit « total »: le prélèvement dure dix minutes et ce n’est qu’ensuite que les trois composants (globules rouges, plasma, plaquettes) sont séparés.

Moins célèbre, le don par aphérèse consiste à opérer la séparation durant le prélèvement. Il dure plus longtemps (45mn pour le plasma, 90mn pour les plaquettes) mais il est très utile. Concrètement, le sang du donneur est conduit par une tubulure dans une machine qui conserve le produit désiré puis réinjecte le reste, au cours d’une série de cycles prélèvement-retour. Cela permet par exemple de récolter six fois plus de plaquettes que lors d’un don de sang total.

« Les globules rouges, les plaquettes ou le plasma ne peuvent être remplacés par aucun produit de substitution », a souligné le Pr Gérard Tobelem, président exécutif de l’Etablissement français du sang (EFS), dans un entretien téléphonique accordé à l’Associated Press lundi, veille de la Journée mondiale des donneurs de sang. « Il nous faut 10.000 dons par jour ».

« Ces besoins sont en augmentation constante depuis toutes ces dernières années », insiste-t-il, en estimant que le vieillissement de la population en est la « raison première ». La hausse de la demande concerne les trois produits sanguins mais plus particulièrement le plasma, pour lequel l’EFS s’est fixé un objectif de +10% des prélèvements cette année.

Les plaquettes, qui facilitent la coagulation, sont transfusées en cas de perte de sang importante, après un accident, lors d’une opération ou d’un accouchement. Par ailleurs, les patients souffrant de leucémie ont besoin de transfusions régulières; tout comme ceux qui, atteints d’un autre cancer, suivent une chimiothérapie ou une radiothérapie – ces traitements lourds empêchent la moelle osseuse de produire des plaquettes. La transfusion régulière vise alors à empêcher les hémorragies qui pourraient mettre la vie du malade en danger.

Les plaquettes ne se conservent que cinq jours, ce qui rend indispensables les apports réguliers. Pour que les donneurs ne s’ennuient pas durant le prélèvement, la plupart des centres sont équipés de téléviseurs et de DVD, certains sont même en train de se convertir aux tablettes numériques. « Une heure et demie, c’est la durée moyenne de nombreux films », remarque le Pr Tobelem.

Le plasma, qui est le liquide du sang, est transfusé aux grands brûlés et aux patients souffrant de choc hémorragique. Tout récemment, l’Allemagne y a eu abondamment recours pour soigner les personnes ayant contracté la bactérie Escherichia coli entérohémorragique (ECEH). Les médecins ont pratiqué des « échanges plasmatiques » pour nettoyer le sang de la toxine que cette bactérie diffusait, explique le Pr Tobelem. « Plus que les antibiotiques, ce sont les échanges de plasma – c’est vraiment laver le sang avec du plasma – qui a été la thérapeutique qui a permis de limiter le nombre de morts ».

Le plasma sert aussi à fabriquer des médicaments dérivés du sang (MDS). Les immunoglobulines sont prescrites aux personnes atteintes de déficit immunitaire (à cause d’une chimiothérapie ou du virus du SIDA, par exemple); elles les aident à se défendre contre les infections. Les facteurs de coagulation sont quant à eux surtout destinés aux hémophiles.

Alors que les personnes du groupe O sont très appréciées pour le don de sang total, ce sont celles des groupes AB et B qui sont très recherchées pour le plasma, AB étant donneur de plasma universel.

Chaque année en France, un million de malades sont traités grâce aux dons de sang, dont la moitié par transfusion et l’autre par MDS. En 2010, l’EFS a réalisé trois millions de prélèvements sur 1,7 million de donneurs. Les prélèvements sont de l’ordre du demi-litre (jusqu’à 750ml pour le plasma), le corps adulte contenant environ cinq litres de sang.

Tous les adultes peuvent donner leur sang jusqu’à 70 ans révolus, sauf s’ils pèsent moins de 50kg ou souffrent d’une maladie cardiovasculaire. Ils peuvent faire un don de sang total tous les deux mois, de plaquettes tous les mois et de plasma toutes les deux semaines.

Précédé d’un entretien avec un médecin, et suivi d’un temps de repos et d’une collation, le don est bénévole en France. Le système repose entièrement sur la générosité des donneurs pour répondre aux besoins. Le Pr Tobelem prévient que « le jour où nous ne serons plus en capacité d’assurer cette autosuffisance, nous serons à la merci des marchands de sang ». AP

 

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